Depuis quelques jours et à juste titre, est revenue au premier plan de l’actualité, la question de l’échangeur de Pont l’Evêque et de la sortie vers Lisieux. Le dossier est dit-on planté. Qui peut raisonnablement s’en étonner ?
Cette affaire est un parfait concentré de ce que notre ville subit depuis trop d’années et qui la tue à petits feux, à savoir le trop faible poids politique de son équipe municipale et le mépris récurrent du Conseil général.
C’est une histoire à dormir debout ! La SAPN concessionnaire de l’A 13 réaménage dans le cadre de la mise à deux fois trois voies de l’autoroute l’échangeur de Pont l’Evêque. Lorsque début 2006 les élus et les acteurs économiques de Lisieux prennent connaissance du projet, ils constatent que la sortie de Paris vers Lisieux a été tout simplement oubliée. Que fait le Conseil général ? que fait le Maire de Lisieux, Vice-Président affiché de l’Assemblée départementale ? Après de longues discussions, la Présidente du Conseil général consent enfin à déloquer les 2 millions d’euros nécessaires et la convention est signée en 2007. Deuxième étape, hallucinante, en octobre 2009 : alors que les travaux s’achèvent en 20010, on s’aperçoit que la sortie vers Lisieux a été à nouveau oubliée. Il a fallu deux ans pour s’en apercevoir ? Qui va nous le faire croire ?
Depuis cette date, c’est-à-dire plus de deux ans, on nous dit régulièrement que ces deux oublis vont être corrigés. Deux ans de promesses du Maire, du Conseil général et du Député. Deux ans d’engagements devant nos concitoyens mais aussi deux ans de discussions sans fin, sans solution, faute de véritable volonté politique d’aboutir.
Il faut nous en convaincre une bonne fois pour toute : la majorité départementale de droite n’a rien à faire de Lisieux, systématiquement et depuis de longues années, méprisée, négligée et oubliée. Rayée de la carte du département tout simplement. Le passif est lourd, très lourd pour notre ville, pour son développement économique, pour l’emploi et pour la vie de ses habitants. Deux exemples :
- depuis plus de vingt ans, le débat sur la mise à deux fois deux voies de la liaison Lisieux-Pont l’Evêque est en débat ; après une alternance, fonction du calendrier électoral d’engagements fermes et de réponses dilatoires, le nouveau Président du Conseil général a tranché : le Conseil général n’a pas les moyens de financer ce projet alors qu’il continue à dépenser sans compter pour la déviation de Canapville ;
- pour les années qui viennent, et le projet structurant qu’est le très haut débit, porteur de développement économique et d’emplois dont nous avons tant besoin, le Conseil général n’a pas défendu notre ville ; alors qu’il était en mesure d’imposer à l’opérateur historique un calendrier accéléré de déploiement comme il l’a fait pour l’agglomération caennaise, il nous a, comme d’habitude, lâchés. Et le mépris les a conduits ici à dire que nous n’avons rien compris. Belle réponse qui ne nous avait jamais encore été faite : nous ne comprenons rien. Seions-nous plus bêtes que d’autres ?
Nous comprenons trop bien au contraire : Lisieux n’existe pas, Lisieux ne pèse pas. On le voit sur les gros dossiers structurants. Mais aussi sur des détails sans conséquence mais significatifs :
- il a fallu attendre des mois pour que Lisieux apparaisse sur les panneaux après les travaux sur l’A13 ; Deauville, Trouville, Pont l’Êvéque OUI, Lisieux, NON. Il faut quand même le faire !
- de même, pour ses vœux le Conseil général a conçu une carte plutôt réussie avec 14 photos prises dans le département. Et ni Lisieux, ni le Pays d’Auge Sud n’y figurent.
Le nouveau Président du Conseil général, se faisait fort, avant son élection, de s’attaquer aux inégalités territoriales. Aujourd’hui installé, il s’est très rapidement coulé dans le moule de la vieille maison, avec sa culture d’ancien régime et ses territoires privilégiés. Bayeux et ses habitants ne s’en porteront que mieux. Malheureusement Lisieux pourra toujours attendre.
Clotilde VALTER, Conseillère générale du Calvados